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Les enjeux de l'art du vide en réseau (n°16 Co-présences)


Ecrit par Annie Gentes le 17/07/2005

Mots-clés :
  • Co-présence

  • Artistes :
  • Frespech Nicolas
  • De l'intime mécanique à l'intermédia politique : la double vie des « Secrets » de Nicolas Frespech

    1. Sémiosis de l'intime. Le régime de l'index

    L'oeuvre « Les secrets » de 1998 de Nicolas Frespech proposait aux internautes de laisser un secret d'une ligne ou deux qui était diffusé sur le net. On pouvait alors lire au centre d'un écran rose une succession de « confidences ». Cependant, la question de l'intime dans ce dispositif tient moins aux sujets abordés qui culturellement connotent effectivement le domaine de l'intime(sexe, réflexions personnelles sur des personnes ou sur un travail, etc.) qu'au spécificités de production et de réception dans le réseau. Le dispositif offrait deux espaces réflexifs intimes, celui de l'écriture et celui de la lecture. L'espace intime d'écriture était garanti par un dispositif de cases à remplir neutre, dont l'auteur semblait s'absenter. Seule la machine parlait. « Je suis ton ami(e) dis moi tes secrets ». L'internaute entrait un écrit le concernant et sans censure a priori, « dépouillé de son moi social qui s'entretenait avec le commerce du monde (1)». L'intime était de plus garanti par l'anonymat.

    Le temps de lecture était aussi intime à double titre. D'abord l'oeuvre sur réseau renvoie sur une situation particulière de réception : la lecture est intime parce qu'en solitaire derrière l'écran d'ordinateur. Ensuite et surtout, pour l'internaute qui participait, seule une proposition faisait complètement sens : celle qu'il avait lui-même rédigé. L'intime dans le dispositif de Nicolas Frespech était donc avant tout celui du rédacteur, qui dans le site retrouvait sa contribution et pouvait en comprendre les intentions. L'intimité était dans ce petit frisson d'une complicité à soi-même.

    Ce retour s'enrichissait cependant au contact des autres propositions. La signification de notre secret était transformée par le cadre rose de l'écran - qui n'est pas sans rappeler le minitel rose - et par l'enchaînement avec les autres phrases, confidence perdue au milieu de toutes les autres. Notre texte était ainsi défini par son contact et son contraste aux autres. Le dispositif agissait ainsi comme un miroir nous reflétant, mais un miroir déformant parce que témoignant de la diversité et de la proximité des contributions. Tout l'intérêt des Secrets est ainsi dans cette définition de l'intime en rapport avec ce que nous pouvons qualifier « d'ex-time », c'est-à-dire d'un intime mis en public, scénarisé. L'artiste révèle que l'intimité se définit comme une dynamique constante aux frontières mouvantes, entre une mise en publique et une mise à l'écart. Dans le cas des « Secrets », l'intimité à la fois se dissout pour les lecteurs parce qu'elle est décontextualisée (on ne sait pas qui parle, d'où, ni pourquoi) mais aussi elle existe en tant qu'aperçu, dans l'espace public, d'un ailleurs privé qui reste hors d'accès. Le lecteur qui passe sur le site reste en dehors de cet intime et en même temps on le lui signifie. Ce qui est gênant dans « Les secrets » ce n'est sans doute pas que l'on puisse lire « j'ai de gros mamelons » mais que la personne qui l'écrit évoque ainsi un lieu où elle peut le vérifier, le vivre, l'endurer, en jouir. La parole écrite devient « index », elle pointe vers un lieu paradoxalement inaccessible. Ces petites phrases deviennent ambiguës « comme sont ambigus, hors de leur contexte, les index ou les petits mots « embrayeurs » qui réfèrent du sein de l'énoncé aux circonstances de l'énonciation (je, ici, maintenant, ça..., etc.). Mais cela qui cadre, précède ou modalise nos communications verbales ne se laisse pas lui-même dire (2)».
    Autrement dit, ce sont moins les thématiques abordées par les confidences qui sont intéressantes ici que le fait que ces inscriptions pointent vers ce que je qualifierai de « hors champ frontal (3) ». Le site indique - au sens sémiotique du terme - des espaces individuels proprement inatteignables et sur lesquels tout notre imaginaire est convoqué précisément par l'absence de contexte. En effet, l'anonymat déclenche tout un jeu de présupposés sur leurs auteurs(4).

    Mais la mise en scène de ces propos pointe vers une autre problématique.
    Ce site, comme ceux qui l'ont précédé : « The world's first collaborative sentence » - « La première phrase collaborative du monde » de 1994, une des premières oeuvres sur Internet réalisée par Douglas Davis à laquelle des dizaines de milliers de personnes ont contribué (5) » et aussi le « Oneline project » de John Maeda en 1999 (6), renvoient à une accumulation, une addition qui, au final, ne fait sens que sur le plan quantitatif. Une fois débarrassé de l'émotion qu'une telle participation semble suggérer à certains, on n'est pas loin de l'absurde à la façon de Ionesco, où la prolifération mécanique l'emporte sur tout processus de sens. Remarquons d'ailleurs au passage, les commentaires qui tous rapportent à cette dimension chiffrable des oeuvres. Le titre complet de Oneline.com est « the world's longest line », la ligne la plus longue du monde. Dans son texte d'introduction, John Maeda explique que le projet « devait réunir et mettre bout à bout les lignes dessinées par tous » (7). La déception du designer tient au fait qu'il n'a pas réussi à obtenir autant de Km de lignes qu'il le souhaitait, 4 au lieu des 40 000 escomptés qui auraient représenté le périmètre de la terre. De la même façon, Douglas Davis avance des arguments quantitatifs comme susceptibles de nous attirer dans la rédaction de cette phrase : « à ce jour plus de 200000 contributions ». Comme dirait Ionesco : « Les statisticiens doivent certainement être en train de statistiquer là-dessus. Quelle occasion de savantes controverses !(8) ».

    Cette addition de propos est complètement désincarnée. « Les Secrets » est à la fois un outil d'écriture : chaque internaute rentre dans un cadre, il accepte un contrat d'écriture où il ne peut écrire qu'une ligne. C'est un outil de scénarisation de l'ensemble des propositions. Celles-ci s'enchaînent sans qu'on ait une idée de la date ou de l'heure où elles ont été soumises ni par qui. C'est enfin un outil de diffusion qui semble automatique : on poste, ça apparaît. Même si l'éditeur s'assure des propos tenus, l'auteur et les auteurs disparaissent. Les contributions échappent à toute correction, retour en arrière. Une fois lancée, la phrase ne peut être reprise, elle est collée dans un album lointain. Le dispositif en place coupe l'internaute de toute ressource personnelle par une remise en forme systématique de ses apports. La liste virevoltante de propos, séparés de leur auteur, est donc sans histoire et sans profondeur.

    En fait, Nicolas Frespech illustre parfaitement ce que Virilio qualifie, dans un entretien avec Derrick de Kerckhove, de cybernétique sociale : autrement dit les humains servent de « mécanisme de feed-back dans un système qui a sa propre autonomie : en visitant et en cliquant sur les sites, les utilisateurs atomisés fournissent des données sur eux-mêmes qui guident les machines à se perfectionner (9) ».
    « Les Secrets » s'approprie des données puisqu'il faut remplir un formulaire comme il en existe tant sur le net (10). Nicolas recevait dans un premier temps des mails, mais très vite il opte pour ce formulaire anonyme. La question que pose Julian Stallabrass dans son livre « Internet art, The online clash of culture and commerce », est, dans ce contexte, plus que jamais pertinente : « est-ce que les personnes qui contribuent à ces dispositifs ne sont pas réduites à être des spécimens sociologiques qui fournissent des données (data) à l'artiste. L'offre de participation, comme dans les jeux d'ordinateurs avec leurs contraintes et leurs critères de succès rigides, ne fait-elle pas qu'augmenter le conformisme ? (11) ». Au cours de notre entretien, Nicolas Frespech ne disait pas autre chose. Il remarquait notamment la structure en boucles : « comme un bourrage de crâne ». Il racontait aussi que, finalement, la sélection des secrets ne se faisait pas tant sur la nature des propos que pour éviter les répétitions puisque de nombreuses propositions étaient identiques.

    Le piège de la pseudo communauté s'est refermé sur nous. Nous nous sommes leurrés sur ce que cet espace représentait : nous ne sommes que dans une représentation mécanique des individus, chaque confession est passée à la moulinette technocratique. L'internaute fournit des données à un système additif et non collaboratif. L'internaute retrouve ses propos sur une mécanique de manège infernal et il comprend que les idées « novatrices ou ringardes sont toujours prises dans des techniques des habitudes, des institutions des lois (12) » comme le souligne Méchoulan dans sa définition de l'intermédialité. Ce sentiment d'une expérience humaine à la fois bureaucratisée et mécanisée est bien sûr renforcé une fois que la dynamique de contribution est tarie. Le site d'exil conservé au CICV n'offre que quelques confessions sauvegardées, qui tournent en boucle et de façon aléatoire : il ne reste plus qu'une parodie mécanique de la confession, un disque rayé. Comme dans la nouvelle « L'invention de Morel » d'Adolfo Bioy Casares, les protagonistes sont morts depuis longtemps mais leur fantôme revient mécaniquement sur les lieux. « Nous demeurerons ici éternellement, bien que nous partions demain - répétant l'un après l'autre les moments de cette semaine, sans jamais pouvoir sortir de la conscience que nous eûmes à chacun de ces moments - parce que les appareils nous enregistrèrent ainsi (13)».

    Quand le site n'était pas encore censuré, nous étions invités à participer à une oeuvre que certains ont qualifié de « collaborative » voire, comme le dit Nicolas pour Visuelimage magazine on line, « quasi communautaire ». Il dit bien quasi parce rien dans ce site fait d'accumulations ne permet de créer du lien entre ceux qui y participent. Au contraire, comme nous l'avons vu, il renvoie, il pointe sur un espace hors d'accès, celui d'où écrit et lit l'internaute, lieu qui reste inaccessible. Il est en ce sens un vrai site sur l'intime, impossible à dire.


    2. Le site censuré révèle l'oeuvre socio-poétique

    Mais l'oeuvre ne s'arrête pas là. En décembre 2001, le site est ôté du serveur. Certains disent qu'il est censuré. En fait il disparaît purement et simplement du réseau. Il faut rappeler quelques éléments de l'affaire. En effet, il nous paraît important de réagir à la façon dont l'oeuvre est retirée d'Internet et de comprendre les enjeux derrière cette décision politico administrative - ce à quoi se sont employés de nombreux rédacteurs. Mais il faut aussi comprendre l'oeuvre de façon plus globale. Notamment elle révèle et fait réagir les institutions publiques mais elle travaille aussi notre usage et nos représentations d'Internet. Enfin, elle joue des caractéristiques esthétiques et poïétiques du réseau. Cette prise en considération de ce que le retrait de l'oeuvre implique en termes artistiques nous permet de mieux comprendre la suite que Nicolas Frespech, jouant sur la plasticité du média, donnera à la première version des « Secrets » en créant son double, symétriquement opposé.

    Les « Secrets » sont lus, avant d'êtres publiés, pour éviter tous propos pédophiles ou racistes. L'artiste assume donc une fonction éditoriale. Le site acheté par le FRAC Languedoc-Roussillon en 1998 est pourtant retiré du serveur trois ans après sa mise en ligne. Les propos n'avaient - au regard de ce que l'on peut lire dans la production contemporaine - rien de particulièrement choquants or c'est précisément cet argument qu'avance la Chambre régionale des comptes. Celle-ci « a constaté sans se prononcer sur la qualité artistique, que cette oeuvre, qui avait été achetée avec des fonds publics, comportait des obscénités qui ne pouvaient que heurter la sensibilité d'un public non averti » (14).


    La censure vient ainsi complexifier notre rapport à la machine parce que tout à coup, elle révèle qu'internet n'est pas qu'un espace virtuel cumulatif, mais un espace engagé socialement et politiquement, habité non seulement par des individus mais aussi par des institutions, espace de partage mais aussi de pouvoir qui reflète bien les contrastes de notre société.

    Si l'oeuvre fait système c'est qu'elle joue sciemment sur ces trois niveaux : niveau individuel, le geste, l'écriture, le rapport au dispositif, la lecture, l'appropriation. Le rapport à la machine dans la situation concrète de réception. « Les Secrets » scénarisent ensuite cette co-présence, ils inter-tissent chaque trajectoire. Enfin, ils jouent des relations de l'individu avec les institutions et des institutions entre elles.
    La censure des « Secrets » contribue ainsi à révéler l'ambiguïté d'Internet qui traverse et reconfigure plusieurs milieux : Sphère privée - sphère publique au sens d'espace public mais aussi de communication publique, c'est-à-dire communication des administrations et de l'Etat et des collectivités territoriales et donc sphère politique. Sphère intime et collective.
    Est-ce qu'une institution publique peut abriter des propos intimes ? Est-ce qu'elle peut, en d'autres termes, contribuer non pas à la politisation (et donc à la vie publique) des citoyens, mais au contraire à l'exhibition des individus ? L'oeuvre, bien que créant un espace propre, distinct de celui de l'entité politique mais aussi de la sphère publique, entraîne cependant l'institution dans une démarche qui travaille les frontières, la légitimité et les logiques de l'action publique. Les FRACs, dépendants de collectivités territoriales, sont, plus que d'autres institutions, soumis aux aléas politiques. Le retrait rappelle la fragilité de l'art dans ses rapports avec le politique. Il montre aussi, me semble-t-il, que le site virtuel est perçu par les institutions comme, d'une part, entretenant un lien fort avec elles et, d'autre part, comme leur échappant par la multiplicité des liens possibles et par le principe même de contribution. Autrement dit, l'art fait encore scandale mais selon des modalités spécifiques au réseau.

    Que le site ne puisse plus exister que sous forme de mémoire d'une expérience aux marges de la vigilance bureaucratique marque bien finalement ce que Craig Saper appelle la dimension sociopoétique des oeuvres en réseau et des secrets en particuliers (15). « Quand des décisions poétiques et esthétiques incarnées dans des oeuvres d'art transforment ou révèlent des situations sociales, on peut qualifier ces formes d'oeuvres de sociopoétiques plutôt que de les considérer comme des oeuvres d'art dans un contexte social particulier. La situation sociale fait partie de l'expérience sociopoétique ». Un bon nombre d'oeuvres sur le réseau usent de cette stratégie du détournement. Ainsi Dominique Baqué (16) dans son analyse critique de l'art et de la politique signale plusieurs sites qui détournent les sites commerciaux et leurs modes de fonctionnement. Ces sites fonctionnent comme des leurres qui jouent sur les attentes du lecteur, le conduisent à participer et finalement le font tomber dans le piège. Elle cite RTmarks, etoy. On peut aussi signaler le collectif Montgrel aussi fameux pour ces leurres : celui du moteur de recherche Yahoo (dans Natural selection) et celui du site critique de la Tate qui pendant perturba un certain temps la grande galerie nationale Britannique.

    La censure de l'oeuvre fait partie intégrante de cette réflexion sur internet en dépassant la simple opposition entre espace public et espace privé. La censure dévoile finalement tout un ensemble de facettes de la question de l'intimité sur le réseau et notamment le fait que l'intime est une question politique, pas seulement personnelle, technique ou esthétique.


    3. Des « Secrets » à l'intermédialité d'un espace public

    La censure met donc l'accent sur la nature plurielle d'internet et sur une définition plus complexe de l'intime qu'il n'y paraît. Mais encore une fois, l'histoire ne s'arrête pas là. À partir de ce moment, Nicolas Frespech va opérer un incroyable retournement de situation. Il va mettre à la disposition de l'internaute tout un espace de dialogue, de réflexion sur son site qui présente des actualités, des archives, des commentaires. Il va utiliser toutes les ressources médiatiques de l'internet pour parler et faire parler de cette censure et de cette oeuvre. Ainsi commence une deuxième vie des « Secrets », celle qui va précisément jouer sur l'intermédialité.

    On peut résumer en disant que « je ne suis pas ton amie » - puisque la phrase d'introduction aux secrets est alors modifiée - est la mise en place d'un espace public répondant à une situation bureaucratique : le secret administratif et l'obligation de réserve. J'ai donc mené l'enquête et parcouru l'ensemble de la toile tissée autour de l'oeuvre absente. Je cherchais la réponse à deux questions :
    - Qu'est-ce que Nicolas Frespech met sur son site et sur les autres sites ?
    - Où parle-t-on de Nicolas Frespech et des « Secrets » ?

    Je vérifie d'abord le site du FRAC. Nicolas Frespech est présent dans plusieurs rubriques, principalement dans les archives ainsi que sur une liste d'artistes. Mais les oeuvres ainsi citées sont « Les immondes pourceaux », « Et moi et moi » et « Picnic de l'art » (1997). L'oeuvre « Les Secrets » a bel et bien disparu du site. Elle n'est même pas mentionnée sur une liste d'acquisitions.
    Pour tenter de palier à ce silence, Nicolas Frespech crée un blog spécialisé sur la question. Contrairement à des blogs généralistes qui abordent une thématique plus ou moins large, voire une grande variété de sujet, ce blog dédié aux « Secrets » scénarise spécifiquement les différents épisodes de l'histoire. On vient sur le blog pour apprendre quelles sont les dernières démêlées de l'artiste avec les institutions.
    Les différents acteurs sont cités dont les noms sont à eux seuls des preuves du romanesque de l'oeuvre. Notamment l'hébergeur au nom très évocateur « Zarcrom » qui apparemment
    1- retire le site alors que rien ne l'y obligeait légalement,
    2- n'a apparemment pas sauvegardé le dispositif ...
    3- http://www.zarcrom.fr/site/index.html : le FRAC est mentionné

    Mais aussi Ami Barak : coupable ou victime ?
    http://paddytheque.free.fr/blog/index.php?2005/02/17/69-ami-barak-du-coq-a-lane-avec-ma-souris-verte---ensad-26-janvier-2005

    Le blog documente l'affaire en proposant des liens qui permettent à l'internaute de mener sa propre enquête. Une bonne partie des éléments est en place : dimension politique du problème, dimension publique (au sens d'espace public) avec des journaux, dimension artistique avec une galerie.
    - La culture présentée sur le site de la Région Languedoc-Roussillon http://www.cr-languedocroussillon.fr:8008/culture/index.html
    - La page des contacts des élus de la Région Languedoc-Roussillon http://www.cr-languedocroussillon.fr:8008/contact/email/index.html
    - Le site du Frac Languedoc-Roussillon http://www.fraclr.org
    - Présentation par le magazine du CIAC http://www.ciac.ca/magazine/pers-mouvement.html
    - Portrait réalisé par Annick Rivoire dans Libération http://www.liberation.com/multi/cahier/articles/sem98.41/cah981002c.html
    - L'origine du projet http://www.spacecho.com/margo/trois.htm
    - Un journal intime présenté à la galerie Air de Paris http://www.airdeparis.com/guests.htm
    - Hors série Art Press http://www.artpress.com/Pages/hors-serie/internet/text-liens.html
    - Ressources sur le site du Ministère de la Culture http://www.portail.culture.fr/sdx/pic/culture/int/rechsimple.xsp ?submit.y=5&submit.x=27&q=frespech

    La liste de liens proposés contient son lot de désillusions. Celui qui pointe vers l'article d'Annick Rivoire de Libération renvoie vers des archives payantes mais il est retranscrit intégralement plus loin dans le site. Celui vers Art press ne marche plus. Celui d'Air Paris ne contient plus directement la référence à l'auteur. La page des contacts des élus de la Région Languedoc-Roussillon se perd dans les méandres du site.
    http://www.cr-languedocroussillon.fr:8008/contact/email/index.html
    Est-il besoin de renouveler ces liens, ne faut-il pas voir là aussi l'érosion d'un média où les liens et les contenus ne sont pas pérennes ? En fait, l'artiste joue le jeu du réseau, y compris dans ce qu'il signifie de perte de mémoire, de conservation, de condensation, ou de reformulation.
    Le blog de Nicolas Frespech permet aussi de s'abonner à une liste de diffusion qui tiendra informés ces correspondants (17). Enfin, il offre, à la manière des bannières mobilisatrices politiques, la possibilité de mettre un logo de soutien aux « Secrets »(18). Autrement dit, tous les moyens de communication visuelle et textuelle du réseau sont exploités. Nicolas Frespech sème les secrets non seulement sur la toile mais dans les boîtes mails de son réseau de correspondants et éventuellement sur leur site en leur proposant de mettre son icône sur leurs pages.

    Par ailleurs, les « Secrets » réapparaissent dans d'autres sites, que je trouve en poursuivant ma recherche sur Google avec les mots « secrets » et « Frespech ». Plusieurs revues sur internet ont un sujet sur « Les Secrets censurés ». Ainsi, une revue d'informatique place le débat sur la question de la pornographie.
    http://www.advancedinformatique.com/article.php/id/29
    Une autre revue cite archee qui introduit quelques notions artistiques.
    http://www.bugbrother.com/article185.html
    On trouve des interviews par exemple sur la Revue Québécoise gaie : le national http://www.le-national.com/frespech022002.html
    « Art contemporain : les cachotteries de la région Languedoc-Roussillon '
    L'artiste envoie lui-même des « mails » repris comme « droit de réponse » dans les webzines (19).

    On trouve aussi des textes sur les Secrets dans des sites avec des statuts et des vocations variées. Sur Wikipedia, les élèves de Nicolas Frespech ont posté un article qu'il a corrigé. http://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolas_Frespech. D'autres sites rappellent aussi des manifestations off line. Le festival Art Outsider a ainsi consacré une année à la question de la censure dans laquelle les mésaventures des « Secrets » tiennent une place majeure.
    http://www.art-outsiders.com/archives4/default.htm. Mais le travail de Nicolas Frespech apparaît aussi dans le site d'un autre artiste, Antonio Muntadas et « The file room », qui archive des oeuvres censurées sous forme de fiche technique et juridique :
    http://www.thefileroom.org/documents/dyn/DisplayCase.cfm/id/384
    « Name: I'm your friend...tell me your secrets. Je suis ton ami(e)...tu peux me dire tes secrets.
    Date: 1995 - 2005
    Location: Europe
    Subject: Political/Economic/Social Opinion
    Medium: Electronic Media
    Artist: Nicolas Frespech. Frac Languedoc-Roussillon. France
    Confronting Bodies: Nicolas Frespech VS Conseil Régional Languedoc-Roussillon
    Date of Action: 7 december 2001
    Specific Location: Montpellier (France)
    Description of Artwork: A collaborative artwork on the net presenting secrets, sent by e.mail.
    Description of Incident: The 7 december, the http://www.fraclr.org/secret was illegaly close by Zarcrom, the host of this artwork. The URL was closed.
    Results of Incident: No body can have access to this art work, and me too, i can take this web elements, the ftp was closed too.
    Source: Artist source : Nicolas Frespech
    Submitted By: Frespech Nicolas ».

    L'affaire des « Secrets » va prendre toute la mesure des médias de presse mais aussi des médias d'expression personnelle, blogs, forums, listes de diffusion, ainsi que la mise en relation des sites entre eux par des liens, des moteurs de recherche, des sites miroirs. Nicolas Frespech va ainsi soigneusement orchestrer toute la gamme potentielle de communication d'internet et mettre en scène divers registres : les lettres administratives, les courriers officiels, les coups de coeur, le travail artistique, etc. Il va jouer de l'archive et de la création, du regard critique au regard engagé. Le travail de l'intermédialité prend ici tout son sens. Il est d'abord inter-textualité : le même matériau textuel (il n'y a pas d'images du site, sauf dans l'interview pour Archée) est pris, repris, piégé dans les répétitions parfois mot pour mot mais aussi sous des formes radicalement différentes comme dans le site d'Antonio Muntadas. Ce tissage de toile met en outre en scène tous les acteurs du monde des médias : les hébergeurs, les curateurs, l'auteur, les contributeurs ressurgissent dans cette affaire. Nicolas Frespech incite à la participation. Il active et met en scène l'ensemble des producteurs et relais d'information. Journalistes, juristes, curateurs, tous les acteurs des cercles de l'art sont convoqués de l'auteur aux hébergeurs.

    L'orchestration de la censure des « Secrets » va permettre à Nicolas Frespech de mettre en scène la diffusion et la transformation de l'information à travers les différents médias de communication sur le net. Christophe Kihm décrivant à l'occasion de l'exposition à Beaubourg Sonic Process (20), les relations entre sons, musiques, et arts plastiques, oppose ce qu'il appelle la logique de la frontière à la logique mediumnique. Dans la première vie des « Secrets », on est dans une logique de la frontière et du « litige » : le monde personnel s'oppose au monde public, le monde de l'art s'oppose à la vie, et chaque monde garde sa référence sous peine que précisément les oppositions ne fonctionnent pas. En revanche, dans le redéploiement de l'affaire des « Secrets », la logique du médium, au sens du canal et de la situation de communication, prime. Ce qui importe c'est la transformation des matériaux, de leur mixage et de leur remixage. La lecture attentive des articles de presse permet effectivement au lecteur de voir comment une information est donnée à lire à partir de fragments entiers, recopiés mot pour mot parfois d'un autre texte ou au contraire reformulés complètement.

    Le concept d'intermédialité met ainsi l'accent sur les conditions concrètes de production, de diffusion, de réception et leurs effets sur la constitution de groupes sociaux, de hiérarchie entre acteurs, de représentations. Pour Internet, la pertinence est d'autant plus grande qu'on a affaire à un emboîtement de média : revues on line, webzine, galeries virtuelles, portails, y compris portails artistiques sont des médias avec des éditeurs, des contributeurs, des stratégies de diffusion et de positionnement. Or tous ces médias se retrouvent sur une technologie qui est elle aussi déjà un média : les nombreux débats sur le nommage des sites en sont à mon avis la démonstration la plus claire. La bataille de Etoy contre etoy est emblématique. Plus largement la question d'obtenir de nouvelles formes d'inscriptions qui ne soient ni nationales ni statutaires (.org ou .com), montre que l'ICANN a une stratégie de développement et d'organisation du média internet qui n'a rien d'une technologie « simple » comme celle de l'ordinateur par exemple.
    Internet est un intermédia dans le sens où il met en lien des médias entre eux, mais aussi parce que loin d'être seulement un support ou une technologie, il est lui-même un média qui de ce fait entretient des relations parfois ambiguës avec les sites (21). Dans notre discussion, Nicolas Frespech, insistait beaucoup sur le fait que l'hébergeur devait être l'acheteur, que le site devait être hébergé par celui qui l'exposait. La question s'était posée avec le FRAC qui, de fait, sous-traite la gestion de son réseau à ZARCROM. La question s'était à nouveau posée quand le CICV avait proposé de mettre en ligne une version « exile », des « Secrets ». Pour revenir à la « première phrase collaborative du monde » de Douglas Davies, achetée par un collectionneur Eugene Schwartz et léguée par sa veuve au Whitney Museum, le musée s'est engagé à le « maintenir ». La question de l'intermédialité est donc bien cette question de l'imbrication de logiques techniques, sociales, politiques qui sont au coeur de la gouvernance d'internet et de l'appropriation de ce terrain - déjà occupé - par des personnes, des artistes et des institutions. Ce que les « Secrets » de Nicolas Frespech nous montrent, ce sont les différentes facettes de cet entre-deux.


    4. Intermédia : le vide comme condition engageante

    Les textes n'existent pas sans certaines conditions d'énonciation dont le concept d'inter-médialité rend compte. Mais en nous intéressant au concept d'intermédia introduit par Dick Higgins(22), nous nous intéressons à l'entre deux, à la distance, à l'absence. Ce qui est intéressant dans les « Secrets », ce n'est pas seulement de regarder ce que l'on trouve mais c'est aussi de regarder ce que l'on ne trouve pas. Il faut interroger les vides.

    Alors qu'apparemment tout le monde se félicitait de l'achat par le FRAC des « Secrets », il est impossible de trouver aujourd'hui des articles sur cet achat en dehors de ceux qui expliquent que le site a été censuré. Le plus curieux surtout, c'est que l'oeuvre ne sera jamais analysée pour elle-même. Les textes proposent un ralliement autour de valeurs, de prises de position mais pas un débat sur la qualité intrinsèque du travail de Nicolas Frespech. Le ralliement se fait autour de la problématique des relations entre art et pouvoir politique mais pas autour de l'oeuvre. On peut bien sûr en tirer des conclusions désabusées sur l'absence de critiques s'intéressant aux pratiques artistiques du réseau. Mais il faut sans doute y voir aussi une spécificité du travail socio-poétique de Nicolas Frespech. L'oeuvre « Les Secrets » est de fait une oeuvre qui renvoie à ce qui est inatteignable aussi bien au niveau individuel : l'intime de l'internaute, qu'au niveau institutionnel, le secret, le devoir de réserve, l'hermétisme bureaucratique, mais aussi les enjeux économiques : les prestataires de services et les alibis technologiques : le secret des serveurs qui perdent la mémoire. La deuxième vie des « Secrets » est une méditation sur la mémoire.

    Ce vide, cet entre-deux a aussi avoir avec la dimension performative du travail de Nicolas Frespech. Pour revenir un instant sur la pratique fluxienne du score et de la performance, Ken Friedman explique bien que ce qui intéresse les membres de Fluxus, ce sont les différentes interprétations et par là même, bien sûr, les transformations d'une même proposition, mais surtout les mises en action par des personnes. Le score s'incarne à chaque fois différemment en fonction des choix du performeur mais aussi de la situation dans laquelle il se trouve. « Le terme de musicalité renvoie au fait que de nombreux travaux fluxiens sont conçus à partir de « partitions » qui peuvent être interprétées par des artistes autres que le créateur(23) ». La pratique fluxienne est précisément celle d'une mise en oeuvre des médiums et médias de l'écriture des « scores » - les partitions, aux events - les événements, en passant par les « remnants » - les restes, et le discours critique. Ce qui importe ce n'est pas la contemplation d'un objet, mais la mise en mouvement d'une situation, dont il ne peut rester, par définition, que des traces. Ces traces pointent vers un déjà vécu, des événements passés. La logique de l'index est sous-jacente à toute cette forme de signification.

    Dans les deux vies des « Secrets », tout tourne autour d'un signifié absent. L'oeuvre disparaît, elle s'est effacée pour ne laisser que des « remnants » : des copies, des articles, des saisies d'écrans, un tourbillon de témoignages. On est dans une incroyable nostalgie : celle d'une intimité impossible à partager, celle d'une activité qui passe au moment même où elle se fait, celle d'une mémoire toujours imparfaite parce qu'elle n'est pas incarnée dans un objet mais porte sur des actions et des événements. Qu'a-t-on fait ? Que s'est-il passé ? Cette nostalgie coïncide avec la situation intenable d'un artiste face à la décision politique et avec sa crainte que l'oeuvre ait été détruite. Le jeu n'est pas qu'esthétique, il est totalement artistique, au sens d'engagé dans une confrontation aux modalités d'existence de l'art sur internet. Or là où finalement l'objet disparaît, et c'est sans doute une leçon des « Secrets », c'est une communauté qui peut se constituer en jouant sur toutes les modalités de mise en relation, de partage, de témoignage. Dick Higgins parle du caractère invitant d'une oeuvre : « invitingness ». « Le vide d'une feuille de papier la rend utile pour écrire dessus (24)». « De la même façon, en préparant les règles du jeu, l'artiste invite à ceci ou cela ou à toute une série de possibilités (25). Le vide est nécessaire pour laisser une place à la participation et plutôt que d'une participation mécanique (qui est toujours un risque comme nous en avertit Dick Higgins), la deuxième vie des « Secrets » ouvre sur un parcours engagé du réseau.

    Notes

    (1) Laure Murat, Ecriture, intimité d'une pratique, in L'intime, Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts, (1998), 2004, p. 114
    (2) Daniel Bougnoux, L'efficacité iconique, Nouvelle revue de psychanalyse, 1991, n°44, p. 267-280
    (3) Gentès, Annie, L'intime à l'épreuve de la médiation, pour publication, « L'oeuvre interactive appelle un « hors champ frontal » qui est l'espace d'interaction de l'internaute avec sa machine et un « hors champ spatial » qui est l'espace d'interaction des internautes par le réseau ».
    (4) voir Robert J. Griffin (ed.) The faces of anonymity. Anonymous and pseudonymous publication from the 16th to the 20th Century. Palgrave MacMillan, 2003, et en particulier p.81-102 Suzan S Lanser, The author's queer clothes. Anonymity, Sex(uality) and the travels and adventures of Mademoiselle de Richelieu.
    (5) « one of the first internet artworks by Douglas Davis to which tens of thousands people have made contributions », http://artnetweb.com/projects/projects.html Cf Tilman Baumgärtel 's interview, Rhizome, 17 may 2000
    (6) http://www.maedastudio.com/1999/oneline/index.php
    (7) « He had proposed a project called the "One Line Project" that would take lines drawn by people and connect all of those lines end-to-end »
    (8) Eugene Ionesco, Le rhinocéros, Folio, Gallimard, [1959]1978, p. 214
    (9) « Paul Virilio has argued that the internet is not an example of liberty but of social cybernetics . In other words, humans act as the feedback mechanism in a system that has its own autonomy: in visiting and clicking through sites, atomised users provide data about themselves that guides the machine to perfect itself ; and it changes not quite to serve their need but to exploit the dataset that is the sum of their inputs. Exercising the freedom to chose between limited and discreet options, they feed the system » p. 64 Julian Stallabrass, Internet art. The online clash of culture and commerce, London, Tate publishing, 2003
    (10) « just another kind of form filling, common on the net », Julian Stallabrass, Internet art. The
    online clash of culture and commerce, London, Tate publishing, 2003
    (11) That question acutely raised the issue of whether contributors to such works are any more
    than sociological specimens that supply data for the artist », « the offer of participation, as in computer games with their rigid constraints and criteria for success, may merely intensify conformity ».
    (12) Eric Méchoulan, « Intermédialités : le temps des illusions perdues, In Intermédialités, n°1,
    printemps 2003, p. 17
    (13) Adolfo Bioy Casares, L'invention de Morel, 1940, Laffont, 2001
    (14) Ces raisons sont débattues dans un certain nombre d'articles de presse : Les Inrockuptibles, Digipress, Libération. Voir Bertrand Gauguet, « Les secrets censurés de Nicolas Frespech ou comment Je ne suis plus un site », in Archée, avril 2002, http://archee.qc.ca. Voir aussi le récapitulatif de l'histoire de cette oeuvre sur : http://www.20six.fr/lessecrets/
    (15) Craig J. Saper, Networked Art, Univ. of Minnessota Press, Minneapolis, 2001, « When aesthetic and poetic decisions embodied in artworks lead to a heightened or changed social situation, one needs to describe these forms as sociopoetic rather than as artworks within particular social contexts. The social situation is part of a sociopoetic experiment » p. XIII. trad. AG
    (16) Dominique Baqué, Pour un nouvel art politique, De l'art contemporain au documentaire,
    Flammarion, 2004
    (17) Liste de diffusion, courrier du 05(12)03
    « Bonjour à toutes et à tous,
    Demain samedi c'est la Saint Nicolas, mais c'est aussi la date d'anniversaire de la censure de l'oeuvre net art : « Je suis ton ami(e )...tu peux me dire tes secrets ». Deux années de censure, deux années de démarches...pour aujourd'hui encore peu de résultat.
    Il se pourrait que l'oeuvre retrouve sa place dans la collection du Frac (http://www.fraclr.org),
    mais je dois encore et encore travailler un dossier, un protocole...ceux qui ont coupé le site
    me demande en fait de justifier cette oeuvre et ses enjeux. Pour information, l'oeuvre a été présentée dans le cadre des 20 ans des Frac, une version d'exil hébergée au Cicv !!!
    http://www.les20ansdesfrac.culture.fr/html/fnetart.htm à ce propos, je tenais à remercier ceux qui hébergent la version exil, leurs encouragements et leurs soutiens font que l'oeuvre « existe » encore, je reçois encore de nouveaux secrets...qui attendent sagement d'être en ligne. Mon intervention à la Sorbonne il y a 15 jours a suscité des surprises de la part du public, étonné qu'on puisse encore aujourd'hui censurer une oeuvre achetée lors d'une commission publique ! Autre problème, impossible de retrouver une copie de l'oeuvre, il semble que le Back-up de l'hébergeur (Zarcrom) n'ai pas fonctionné ( !!!!!!!!) ce qui voudrait dire que l'oeuvre originale aurait été détruite !!! Toutes les informations sont disponibles à cette adresse : http://frespech.com/secret/ n'hésitez pas à participer au forum. Bon week end
    Nicolas Frespech
    http://www.frespech.com
    (18) http://frespech.com/secret/secret.gif
    Vous pouvez aussi héberger cette image avec le lien sur votre site en guise de soutien. Faites
    circuler cette information SVP, c'est important !
    (19) http://www.visuelimage.com/ch/frespech/index.htm
    « Art en ligne et censure » Un mail de Nicolas Frespech 23-04-02
    « Une nouvelle lettre pour essayer de comprendre ! Rappelez-vous votre dernier secret échangé,
    cette volonté de se confier et ce sentiment de libération. L'Internet n'a fait que multiplier ces échanges d'informations. Images codées, Smileys, mails crypté en Rot13. Un flot de données incessant portant avec lui autant de sérieux que de futile, autant de public que de privé. Le site des secrets a pour vocation de laisser une place, un espace virtuel où tout un chacun peut se laisser aller à la confidence. Oeuvre collaborative, elle affiche sous forme de diaporama aléatoire un état du monde. Sa force tient dans le fait que chaque secret peut se rapporter à un autre, trouver aussi un écho chez le "regardeur". » Vincent Riou ©Digipresse 2002 http://www.uzine.net/breve656.html
    « Net art ta gueule » Jeudi 20 décembre 2001. Même situation au 10 janvier 2002 « ... Ce site est actuellement "prêté" et présenté sur le site de l'Ecole nationale des Beaux Arts de Lyon, dans le cadre de l'exposition "dévoiler" qui a été organisée cet été.
    http://enbalyon.free.fr/frespech/index.html
    J'aimerais donc que vous m'aidiez à comprendre les vraies raisons de cette nouvelle forme de censure. Espérant que cette mauvaise expérience pourrait nous permettre de réfléchir sur les enjeux de l'art en ligne, du politique dans les choix artistiques, et espérer aussi un nouveau statut pour les "cyberéalisations". Vous pouvez me contacter à cet E.mail : immonde@cicv.fr »

    (20) « les pratiques « médiumniques » :« deux axes précisent ces pratiques, qui ne se réfèrent plus à un système sémiotique linguistique, mais proposent d'un côté, des procédés d'enregistrement, de reprise et de remixage qui ne différencient plus forme et usage ; de l'autre des procédés de traduction et de conversion relatifs à l'émission de signaux compatibles » Christophe Kihm, Agencements musico-plastiques. Discours critiques et pratiques artistiques contemporaines, in Sons et Lumières. Une histoire du son dans l'art du Xxème siècle, catalogue de l'exposition, Editions du Centre Pompidou, Paris, 2004, p. 109
    (21) Voir notre article sur les adresses titres in Communication et Langages
    (22) Dick Higgins, Foew&ombwhnw, a grammar of the mind and a phenomenology of love and a science of the arts as seen by a stalker of the wild mushroom,1969 Something Else Press, New York Barton Cologne
    (23) « Musicality refers to the fact that many Fluxus works are designed as scores, as works that can be realized by artists other than the creator. While this concept may have been born in the fact that many Fluxus artists were also composers, it signifies far more. The events, many object instructions, game and puzzle works -- even some sculptures and paintings -- work this way. This means that you can own a George Brecht piece by carrying out one of Brecht's scores ». Friedman, Ken. 2002. « Cuarenta Anos de Fluxus. » Fluxus y Fluxfilms,1962-2002. Berta Sichel, editor, in collaboration with Peter Frank. Madrid: Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofia, 41-83.
    (24) « the emptiness of a sheet of paper makes it useful for writing on », Postface. Dick Higgins, Something Else Press, NY Nice, Cologne. 86 pages, au dos et renversé, de Jefferson's Birthday. 1964 copyright by Dick Higgins.
    (25) « In the same way, in preparing the rules of his games, an artist invites one, another, or a range of possibilities »Dick Higgins in Games of art, p. 31/45, N.Y. Winter 1966