"Aquarelle" 1998,
Pages de magazine + taches de sperme
Photo: Marc Domage/TUTTI


Aquarelles



A l'arrogance du pouvoir politico-militaire, ou à l'obscénité des médias profilant une image dégradée, humiliante de l'homo occidentalis, Philippe Meste oppose des stratégies de dégradation dérisoires.
La série des aquarelles renvoit à leur perversion ces figures emblématiques de la société du spectacle que représentent les "top models" tels qu'ils sont médiatisés par la presse. Ces icônes profanes sont souillées selon un procédé outrageusement avilissant dont l'efficacité symbolique et l'économie sont redoutables : quelques gouttes de sperme maculant un visage ou un corps de papier glacé.

A l'industrie du luxe et à la dépense somptuaire qu'elles suggèrent, Philippe Meste "vulgarise" la luxure populaire, l'expression déculpabilisée d'un petit plaisir solitaire qui ne coûte rien . A l'agencement maîtrisé de signes érotiques graphiquement équilibrés par des professionnels de la communication, il répond par un usage des images à des fins que celles-ci suggéraient seulement. Ces images d'art expriment alors une adéquation, un court-circuitage potentiellement parfaits entre l'image et son usage.