Post-pornographie : la reproduction par l'image

Elke Krystufek utilise son corps comme terrain d'expérimentation artistique privilégié. Ce qui distingue son travail du body art, trop dévoué finalement à une forme parfois pathétique de spectacularisation, ou d'"events " de type Fluxus, c'est une tentative désespérée d'épuiser, par l'image, le "corps en tant qu'objet animé". Objet des média qui instrumentalise le corps de la femme par la marchandisation de son image; objet pour soi dans un rapport intime et narcissique survalorisé : hypertrophie du "souci de soi"; et enfin objet non plus obscur mais pseudo-transparent du désir où le corps est en voie de désérotisation avancée : post-pornographie pour laquelle toutes les images du corps se valent.

Elke Krystefek ne porte pas seulement une attention démesurée à son corps exposé dans sa banalité la plus triviale, tel un naïf exhibitionnisme. Son travail de production d'images montre des représentations sensibles d'états de corps actifs ou inertes en représentation continuelle selon une attitude proche de l'obsessionnel.

Cet intéret dépassionné pour l'entretien du corps, sa lente usure, ses micro-transformation, ses vibrations ou palpitations, pour sa reproduction par l'image en phase avec "l'air du temps" est porté ici à un niveau d'investigation exemplaire.

BG