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FIAC
AlaPlage, Basserode,
Olga Boldyreff,
Patrick Dubrac, Nadine Lère, Mireya Maso,
Patrick Mellet, Samta Ben Yahia,
Christiane Geoffroy, Jacques Vieille
http://afiac.free.fr
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Patrick Dubrac
Nadine Lère
Mireya Maso
Jérôme
Basserode
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Du 30 juin au 2 juillet, dix familles fiacoises ont accueilli
dix artistes. Autour de cette rencontre dix uvres ont été
créées et présentées pendant 3 jours.
Sur les premiers
contreforts de la Montagne Noire, à quarante kilomètres
de Toulouse, dans la vallée de l'Agout, un village porte le nom
prédestiné de Fiac.750 personnes y vivent. Aux ruraux traditionnels
sont venus se mélanger des "rurbains" et avec eux se
sont manifesté de nouveaux besoins relationnels et un sens de la
communication qui leur a donné lidée de tirer partie
du nom de la commune. Ainsi est née lAFiAC (Association Fiacoise
d'initiatives Artistiques Contemporaines) et, loin dorganiser une
énième foire à lart, les Fiacois ont mis en
équation art contemporain, relations sociales, participation, pédagogie,
pour créer un projet fédérateur. La Drac a suivi
le projet et cette initiative originale a pu mettre en place sa deuxième
édition.
Lévénement hybride plusieurs exercices déjà
connus : la plongée dans lintimité du privé
non pas de lartiste, comme cest le cas dans les ateliers portes
ouvertes mais de lhôte (un peu comme si un galeriste ouvrait
la porte de son appartement). Lintérêt du projet in
situ qui pose un défi à lartiste de sadapter
aux spécificités du lieu. Le mélange public/privé,
puisque FIAC devient pendant 3 jours un lieu attracteur de visiteurs extérieurs
au village.
Avant la manifestation, des Cafés philo ont attiré tous
les mois les Fiacois pour y débattre dart contemporain. Ayant
eu ainsi la possibilité de réactualiser leurs connaissances
les dix hôtes de cette année apportent leur soutien sans
faille à "leurs" artistes. Même si parfois le projet
semble un peu tiré par les cheveux car lintérêt
de "+ si affinités" réside dans ladéquation
dun projet au lieu, et la mise en tension éventuelle quil
peut proposer au public venu pour lart et pour la contamination
relationnelle que cet art va développer : inciter à une
discussion permettant dassocier la vie quotidienne dune famille
ordinaire et limaginaire d'un artiste.
Le projet de Jacques Vieille dont on aurait pu attendre vu le contexte
une proposition végétale est resté empesé
dune certaine raideur. Accueilli dans le pavillon cossu des Viguier,
lui est née lidée dimporter les lampadaires
en fer forgé dont Balthus avait peuplé la Villa Médicis
au temps de sa direction. Sorte dextension du micro-système
sur lequel il travaille mais qui crèe une alliance pour le moins
saugrenue de deux contextes socio-esthétiques très éloignés
lun de lautre.
Des insertions plus fertiles ont donné lieu à des visites
pleines de charme. Celle de Patric Dubrac qui se consacre à létude
de la pluie, chez Osman Caussé agriculteur lui-même expert
en pluviométrie. Ce dernier a mis à sa disposition un champ
préalablement fauché pour installer des carrés de
relevés pluviométriques, lalliance de matériaux
issus du milieu rural avec la démarche conceptuelle de lartiste
offrant une démonstration très éclairante du travail
de ce dernier. Mireya Maso a également investi un champ surplombant
une vallée sauvage, magnifique site dans lequel elle a implanté
de façon invisible des sons captés à Londres. La
force de cette installation réside dans sa simplicité formelle
et sa puissance de décalage de perceptions simultanées liées
à deux lieux très opposés. Nadine Lère a su
convaincre et entraîner dans son aventure les habitants dune
charmante maison située au bord dune rivière campagnarde.
Une sorte de bout du monde où elle a imaginé une construction
ténue, éphémère et capteuse de lumière
dont la simplicité finale reposait sur une patiente construction.
Des cheveux de fée traversent la rivière portés par
un courant parfois capricieux. On pouvait aussi noyer ses regrets dans
une fontaine champêtre et surtout se laisser bercer par une sorte
détat de grâce qui suspendait le temps.
Ce projet
est destiné à perdurer, certains Fiacois devenant les conservateurs
de quelques projets qui résistent au temps, comme le Parazute de
Véronique Boudier, respectueusement conservé par la famille
qui la accueilli pendant la Fiac 2000.
Anne-Marie
Morice
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