| Introduction à l'affaire | |||
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"Die Gänse vom Feliferhof", en français "Les Oies Du Feliferhof", est un projet qui, plus qu'aucun autre des travaux mis au point aussi bien par Jochen Gerz seul que par lui et sa femme Esther, parût aux deux artistes dans un premier temps, inconcevable. Ils s'y engagèrent pourtant. Inconcevable au niveau de sa réalisation, non pas pour des aspects techniques ou financiers, mais du fait des efforts et des sacrifices demandés à une population non exempte de préjugés. |
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Groupes sociaux ici autrichiens, effrayés par un projet qu'ils avaient eux-mêmes sollicité... Instants de bravoure et de révolte face aux tabous d'une mémoire collective, à la possible remise en question au quotidien de leur image et de leur histoire. |
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| Les Gerz une fois de plus vont déverrouiller la Boîte de Pandore d'où s'échappent les non dits enfouis au plus profond de l'oubli collectif. La presse, les politiques et de multiples organisations prennent alors fait et cause dans un débat démocratique à rebondissements. | |||
| A la différence des 2146 Pierres-Monument contre le racisme, "Les Oies du Feliferhof" est une oeuvre de commande. Elle soulève tant de problématiques que les artistes en arrivent à penser que jamais ce projet ne verra le jour, comme ils l'ont cru un moment du Monument vivant de Biron. Le débat autour des "Oies du Feliferhof" est encore plus âpre et animé que celui qui entoura Un Monument contre Le Facisme. Il alimente une polémique qui se joue entre les politiques, l'armée, les organisations des Droits de l'Homme et celles de la résistance. | |||
| L'histoire des Oies du Feliferhof | |||
| Fin 1995, pour abriter une plaque commémorative de la dernière guerre, le commandement de la région militaire de Graz (Styrie) lance un concours pour faire réaliser un monument par un artiste contemporain. Début 1996, le Jury se réunit et déclare lauréat le projet d'Esther et de Jochen Gerz : "Les Oies du Feliferhof". | |||
| L'histoire du Feliferhof | |||
| Mais pour tout comprendre, revenons en Autriche entre 1941 et 1945, tout particulièrement sur le site du "Feliferhof", champ de tir et camp d'entraînement où sont éliminés très discrètement opposants et résistants au régime national-socialiste (hommes, femmes et sans doute enfants). En effet, avant 1945, année d'épuration massive qui voit la multiplication des charniers, tout s'est déroulé dans le plus grand secret, les corps des exécutés servant ensuite aux travaux pratiques d'anatomie de la faculté de Médecine de l'Université de Graz. L'Autriche a toujours nié toute forme de résistance à l'intérieur de ses frontières. Il faudra attendre 1980 pour qu'une plaque commémorative soit apposée sur un des bâtiments du site du Feliferhof, toujours terrain militaire, où viennent chaque année s'entraîner au tir les 10 000 appelés des sept casernes de la région de Graz. 50 ans après, la mémoire autrichienne a du mal à se déverrouiller... | |||
| Rien
ne peut se lever à notre place contre l'injustice - Jochen Gerz |
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| Après avoir pris connaisance de tous les éléments de ce qui devient l'affaire du Feliferhof, force est de constater qu'en marge de la concrétisation de ce monument et, suite à la question secrète de Biron sur la guerre puis à celle de Brème sur l'art dans l'espace public toute cette affaire des drapeaux pose une nouvelle question : la position de l'art, de la vérité, du public et de l'histoitre. | |||