La culture des monuments est importante
Kleine Zeitung, 24 Octobre 1996 (?)

"Toute adaptation possible du projet nécessite une délibération du Jury, le dernier mot devant, dans tous les cas, et logiquement, revenir aux artistes.[...] Manfred Oswald qui, depuis 22 ans, fait partie de la Ligue des Droits de l'Homme, pense que l'armée accepterait un monument composé de quatre drapeaux blancs sans texte . Mais les artistes rétorquent : «avec des drapeaux blancs, sans slogans, notre travail n'aurait aucun sens."[...] En revanche, réaliser ce projet, assure Oswald, est capital. Car l'armée autrichienne a une faible culture du monument. Il y déjà eu un grande opposition en 1980, lorsque la plaque commémorative du Feliferhof (précédant le projet de monument des Gerz) fut posée.
D'autres projets qui gênaient les militaires ont été abandonnés. Comme celui de la reconnaissance de Johann Friedlander, l'officier juif le plus gradé de l'armée impériale puis de la première armée autrichienne avant d'être victime du national-socialisme. Celui de Josef Von Gadolla, natif de Graz qui a sauvé la ville de Gotha, mais a été exécuté en tant que "traître à la patrie" en 1945. Ou encore celui de Robert Bernardis Von Stauffenberg, dignitaire royal austro-hongrois, qui fut l'instigateur de l'attentat manqué du 20 juillet 1944 contre Hitler. La phrase des Gerz "Le Courage est récompensé par la mort" évoque tout cela.
Car malheureusement, des personnalités de cette tremps sont considérées comme des traîtres en Autriche, et rarement comme des héros. En Allemagne, les esprits sont plus évolués. Des casernes y portent le nom de Stauffernberg.

par Walter Titz